Le Bulletin des APM

Volume X, numéro 2, automne 2020

 

L’équipe des l’APM vous transmet ses meilleurs vœux

pour les Fêtes et pour le Jour de l’An. 

Paix, santé, bonheur en 2021.

 

Les Archives Passe-Mémoire ont célébré leur dixième anniversaire dans la discrétion dictée par la conjoncture malheureuse qui sévit depuis 10 mois. Nous avons dû fermer la salle de consultation, mais nous continuons à accueillir les documents. Depuis le dernier numéro, l’archiviste Rachel Marion a traité les fonds suivants: APM63 Fonds Claire Dutrisac; APM66 Fonds Famille Chantal Guay; APM67 Fonds Familles Bélanger-Brouillet.

On parle beaucoup d’archives ces temps-ci : on se mobilise pour sauver les archives religieuses à commencer par celles des Sulpiciens; Jeannette Bertrand offre des ateliers sur l’écriture de sa vie; au sud de la frontière, le président sortant détruit tout ce qu’il peut avant de partir. D’où l’idée de vous proposer ci-bas un petit texte sur les archives.

Les APM ont la particularité de recueillir les écrits de gens anonymes, qui souvent n’ont laissé d’autres traces que leurs lettres ou leur journal personnel. Mais nous accueillons volontiers les papiers de gens connus et nous sommes reconnaissantes aux familles qui viennent déposer ces documents. C’est ainsi que ce numéro du Bulletin offre des comptes rendus des fonds de la musicienne Monique Gendron et de la journaliste Claire Dutrisac.

De nouveau, nous vous encourageons à tenir un journal pendant la pandémie et à venir le déposer aux APM. Qui eut dit, il y a six mois, que je réitérerais cet appel une deuxième fois.

*          *          *

C’est avec une tristesse que les Archives Passe-Mémoire viennent de perdre deux de ses généreux donateurs.

Raymonde Proulx est décédée à Montréal le 20 novembre 2020. Elle détenait un doctorat en sciences de l'éducation à l'Université de Montréal et à sa retraite elle a créé un fonds de bourses en éducation à l’U. de M. En 1996, elle a publié un récit autobiographique Une bague au nœud marin (Vents d’Ouest).

Raymonde Proulx a confié aux Archives Passe-Mémoire un tapuscrit dans lequel elle poursuit son autobiographie depuis ses 40 ans, ce qui inclut ses douze années passées en France.

Nous offrons à sa famille, ici et en France, nos sincères condoléances. 

Le 24 novembre partait aussi Dominique Boisvert, à Scotstown. En tant que juriste, il s'est fait connaître pour sa défense des droits humains. En 2000, il est un cofondateur du Réseau québécois pour la simplicité volontaire (RQSV). Chrétien de gauche, militant pour la paix, la non-violence et la justice sociale, il s'est exprimé sur de nombreuses tribunes, entre autres dans la Revue Relations. En 2017, il a publié son autobiographie spirituelle En quoi je croîs (Novalis).

En 2013, Dominique Boisvert léguait aux Archives Passe-Mémoire un très riche fonds (APM39 Fonds Boisvert-Savoie). À sa famille, nous exprimons notre profonde sympathie.

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LES ARCHIVES

Pas d'archives, pas d'histoire. Du moins, pas d'histoire racontée, si ce n'est par la tradition orale. Car l'histoire, bien sûr, ne cesse de se dérouler : histoire nationale, histoire des gens célèbres, et plus récemment histoire de la vie privée, histoire des « gens ordinaires ». 

Les archives, qui désignent à la fois un endroit où sont déposés les documents et ces documents-mêmes, datent de l'origine des textes écrits, des tablettes d'argile de Mésopotamie, et n'ont longtemps été qu'officielles, c'est-à-dire consacrées aux documents gouvernementaux.

Pendant des siècles, la tradition archivistique a privilégié les écrits de personnages illustres, des membres de l'élite politique et intellectuelle. On le constate dans le rapport annuel l'archiviste de la province de Québec (sic), source précieuse publiée entre 1921 et 1975, dans lequel il reproduit des documents d'archives, des recensements de la Nouvelle-France, de la correspondance de différents personnages depuis les débuts de la colonie. L'archiviste ne chôme pas comme Pierre-Georges Roy, le premier en titre au Québec, l'exprime dans la présentation de son rapport en 1926 :

« Dans un bureau d'archives, il n'y a pas de place pour la flânerie, même celle que les poètes adorent. Généralement, dans un bureau bien organisé, on peut se dire à peu près tous les soirs: la besogne est terminée. Aux Archives, au contraire, la besogne n'est jamais finie. Les demandes de renseignements, la classification des documents, les index, la préparation des fiches, etc., etc., sont des tâches qui peuvent avoir des pauses mais pas de fin ».

Rapport de l'archiviste de la province de Québec pour 1925-1926, présenté au secrétaire de la province Anathase David par l'archiviste Pierre-Georges Roy Ottawa: L.-Amable Proulx, Imprimeur du Roi, 1926, p. v.

À cette époque, les Archives tenaient chaque année un concours d'histoire et décernaient des prix. En 1924, 63 candidats se disputaient ces prix qui ont été décernés à Séraphin Marion pour son ouvrage sur Pierre Boucher de Grosbois; Jean de Lalande, pour Le Conseil Souverain de la Nouvelle-France; le docteur Arthur Vallée, pour sa biographie du docteur Michel Sarrazin; Dorothy A. Henecker pour son histoire du régime seigneurial au Canada; Irene Moore, pour sa biographie de La Vérendrye; Noël Fauteux pour son essai sur l’industrie sous le régime français; Charles Steedman Blue, pour sa biographie d'Alexander Mackenzie. F.-J.Audet, d’Ottawa, et le docteur Joseph Gauvreau, de Montréal, ont obtenu des mentions honorables, le premier pour son travail sur Contrecœur, et le second pour sa biographie du docteur Michel Sarrazin.  (Rapport de l'archiviste 1925-1926, p. viii-ix).

On constate comme sphères d'intérêt la prédominance de la Nouvelle-France et  des biographies de personnages masculins connus. Le champ de l'histoire s'est bien élargi depuis.

Vingt ans plus tard, en 1946, l'archiviste Antoine Roy reproduit un document moins politique, de la main d'une femme, ce qui était exceptionnel. Il s'agit du Livre de raison de Melle Briand (soeur de Mgr Briand, donc membre de l'élite québécoise) dont voici deux extraits qui donnent une idée d'une des nombreuses disettes qui ont frappé la colonie au XVIIIe siècle :

« 1784. Grand hiver pour le froid, la glace et neige pendant les trois premiers mois de l'année. Mai et juin très secs. Les lins, blés manqués presque partout août est pluvieux et froid de la grêle hier 21 et toujours pendant l'année des alternatives de froid et chaud et beaucoup de vent.

1785. Depuis la fin de février jusqu'aujourd'hui 15 mai point de pluie la terre très sèche les bestiaux meurent de faim les lins ne peuvent lever il y a apparence de famine. On fait des processions et prières publiques pour demander la pluie. »

Rapport de l'archiviste de la province de Québec pour 1946-1947, p. 69.

Depuis l'essor de l'histoire sociale dans les années 1960, historiennes et historiens ont exploité les archives judiciaires, les contrats notariés et les fonds d'institutions pour y découvrir le quotidien des anonymes.  Mais tous et toutes n'ont pas la « chance » d'avoir eu des démêlés avec la justice ou d'être immortalisés dans des greffes de notaires. C'est ainsi que les personnes moins connues, les femmes surtout, risquent de tomber dans l'oubli, si elles n'ont pas elles-mêmes écrit.

Car sans papiers personnels il est très difficile de reconstituer le vécu des inconnus, leur milieu, leur intimité, leurs émotions. Si certaines familles ont conservé des lettres, il a fallu attendre longtemps pour retrouver des fragments de correspondance personnelle d'individus anonymes qui n'ont pas moins été témoins de leur époque. Non seulement témoins mais, comme tout individu, tant les femmes que les hommes, qui ont contribué à fabriquer l'histoire économique et sociale de leur époque.

Ces écrits personnels sont demeurés dans les familles jusqu'à ce qu'un désintérêt ou un accident les fassent disparaître. Ce n'est qu'au XXe siècle que les centres d'archives recueillent les écrits personnels de gens qui n'ont pas laissé leur marque sur la place publique, et c'est encore plus récemment que ces archives sont valorisées. En France, il a fallu attendre Philippe Lejeune et l'Association pour le patrimoine autobiographique pour mettre en valeur les témoignages des « gens ordinaires ». Cette association, on l'a déjà dit, nous a inspiré à créer les Archives Passe-Mémoire il y a 10 ans.

L'originalité des APM tient à la sélection des documents : celle-ci n'est pas définie par l'institution qui les produit, comme un gouvernement, une compagnie ou une communauté religieuse, par exemple les archives nationales d'un pays, les archives de la Compagnie de la Baie d'Hudson, les archives de la Congrégation Notre-Dame. Elle ne se limite pas non plus à un lieu, tels les 32 centres d'archives régionales au Québec. Elle ne se concentre pas sur un groupe en particulier comme les Archives gaies du Québec. Les Archives Passe-Mémoire se distinguent par le genre d'écrits conservés, des écrits personnels, autobiographiques, des journaux intimes, des lettres et toute autre forme de documents rédigés à la première personne.

Nous aurions voulu célébrer notre 10e anniversaire lors de la Journée internationale des archives le 9 juin dernier, mais la pandémie a bouleversé nos plans. Ce n'est que partie remise.

squiggly

 

COMPTES-RENDUS

de fonds déposés aux APM

 APM63 FONDS CLAIRE DUTRISAC

Guide, jociste, journaliste, poète, syndicaliste et militante pour les droits des personnes âgées, Claire Dutrisac a laissé sa marque dans plusieurs domaines. Elle n'a malheureusement jamais écrit ses mémoires, mais en a laissé des notes et des ébauches qui nous permettent de suivre non seulement sa carrière publique, mais aussi sa vie personnelle avec ses engagements et ses émotions, réservant ses plus belles pages pour sa mère.

Claire Dutrisac a écrit que le journalisme et le syndicalisme occupaient dans sa vie la première place. Après ses débuts dans le journalisme à la page féminine du Front ouvrier, l’organe de de la Jeunesse ouvrière catholique et de la Ligue ouvrière catholique, en 1958 elle entre à La Presse comme secrétaire du rédacteur en chef Jean-Louis Gagnon. De là, elle passe au courrier du cœur,« Le Courrier de Nicole », pour enfin trouver son domaine de prédilection, la santé et le bien-être social. C'est ainsi qu'elle militera jusqu'à la fin de sa vie pour la défense des droits des malades, comme elle s'engagera pleinement dans le Syndicat des journalistes de La Presse à l'époque de la grève de 1977. On comprend sa prédilection pour les combats sociaux en lisant ses écrits sur son enfance, marquée par la maladie et la mort, et sur l'exploitation subie par son père, levé à quatre heures six jours par semaine pour travailler dans une boulangerie pour un salaire de famine.

Son fonds renferme aussi des journaux de voyage, comme celui qu’elle fait au Viet Nam, en pleine guerre, en 1973, où elle visite des hôpitaux et des centres de rétablissement des victimes du conflit. Après son retour, elle garde contact avec la léproserie de Qui-Hoa qu'elle a visitée.

Particulièrement précieux sont les textes de ses nombreuses conférences – les écrits restent, mais les discours sont trop souvent perdus - prononcées à partir de la fin des années 1960 et portant surtout sur les soins aux personnes âgées. C'est avec passion, courage et compassion qu'elle y dénonce les établissements de santé inadéquats et souvent clandestins, les abus infligés aux malades, les salaires médiocres des infirmières. Elle pourfend les stéréotypes sur la vieillesse, insistant sur la variété des expériences des personnes âgées. Elle rédige un portrait saisissant de la maltraitance par ces « charognards de la vieillesse » et dénonce les euphémismes pour désigner la vieillesse : « le Troisième âge », « l'âge d'or » « les aînés », et ce en 1986. Alors qu'en temps de pandémie on parle beaucoup des personnes dans les CHSLD, les écrits de Dutrisac n'ont rien perdu de leur pertinence.

Claire Dutrisac était aussi poète et  nous retrouvons des liasses de vers, certains publiés, la plupart inédits, presque toujours inspirés par la nature. Elle laisse aussi des esquisses de nouvelles, des textes d'entrevues comme celle au Carmel de Montréal.

 Citations

« Née le 10 mai 1921, dans un quartier défavorisé et dans une maison malsaine, où ma mère m'a confié qu'elle ne voyait jamais le soleil ».

« Si jamais j'écris mes souvenirs, raconter comment maman avait reçu ce vieux mendiant qui avait l'air d'un prince et à qui elle avait offert un repas, faute d'argent à lui donner et qui, en partant, l'avait remercié en lui baisant la main, nous, les enfants, estomaqués. Dans mon milieu on ne pratiquait guère le baise-main ».

« Les mots « vieux » et « vieilles » sont devenus tabous. Pire! Ils sont devenus une insulte. Je pense souvent à ma mère que j'adorais. Et ce qui me vient parfois aux lèvres, ce sont ces mots : « ma vieille mère », pourtant, elle fut jeune, mais je garde surtout le souvenir de son vieillissement qui allait nous unir comme deux amies et me rapprocher encore davantage de toutes les personnes âgées ».

« Je marche lentement

Avec mes souvenirs

Ils me collent aux talons,

Morne poussière de la route

Et mon ombre

derrière moi,

les fuit éperdument ».

Claire Dutrisac

 *          *          *

APM63 FONDS MONIQUE GENDRON

L'organiste Monique Gendron a eu une éblouissante carrière d’organiste pendant quatre décennies. Cette carrière, on peut la suivre dans les documents qu’elle et son mari Réjean Magny ont donnés aux APM. À côté de la musicienne, il y a la personne qui se raconte en quelques pages : sa jeunesse dans une famille de musiciens, sa mère qui chante, son père qui joue du violon devant leurs onze enfants, dont 9 deviendront professionnels de la musique. Monique est l’aînée et comme telle profite de cours de piano à partir de l’âge de 11 ans. Cette courte autobiographie retrace toutes les étapes de sa formation en musique, ses études, brillantes, au Collège de musique Sainte-Croix puis au Conservatoire de Musique du Québec, où elle décroche le premier prix d’orgue, ensuite avec Bernard Lagacé jusqu’à ce qu’elle gagne le Prix d’Europe en 1966 à 24 ans. Suivent ses études en France avec Marie-Claire Alain puis Marie-Madeleine Duruflé Chevalier, ensuite à Vienne avec Anton Heiller.

Sa carrière a pris son envol et on peut la suivre à travers sa correspondance avec divers impresarios, les invitations à donner des concerts à l’étranger, les programmes, les témoignages de mélomanes et aussi de ses étudiantes et étudiants en musique. Ainsi se reconstruit tout un pan de l’histoire de la musique au Québec.

Sa correspondance fait état des liens qu’elle a maintenus avec des collègues et des amis.es, de l’organisation de ses concerts, du choix de ses œuvres. Ses échanges avec Michael Radulescu, qui lui a dédié Ricercari, s’étendent de 1982 à 2006.

Grâce aux lettres échangées entre Réjean Magny et l’organiste et compositeur Bengt Hambraeus, en 1983-1984, on assiste à la genèse d’une œuvre, les Variations sur un thème de Vigneault, le thème étant « Le doux chagrin », dédiée à Monique Gendron. On suit, dans les correspondances, toutes les démarches qui ont conduit à l’interprétation de cette œuvre à la cathédrale Notre-Dame de Paris en octobre 1989.

À partir de 1979, Monique Gendron et Réjean Magny tiennent un salon musical à leur demeure d’Outremont, ces concerts intimes se transformeront en concerts d’orgue commentés après leur acquisition d’un orgue de Fernand Letourneau. Au programme on trouve des organistes québécois tout comme des étrangers de passage à Montréal que le couple héberge généreusement, mais c’est Monique qui offre le premier et le dernier concert de la saison.

En 2017, l’orgue Létourneau sur lequel ont joué tous les organistes invités au Salon musical a été offert à l’École de musique Schulich de l’Université Mc Gill.

Orgue Létourneau


 Citations

« Je termine ce qu’on appelait la 9e année, c.-à-d. secondaire 3. Finis les études puisque pas d’argent pour aller plus loin. Ma mère me garde à la maison, disant que pour laver des couches, je n’ai aucun besoin de plus d’instruction ».

« Le Salon musical de Monique Gendron s’est donné comme mission de faire mieux connaître l’orgue, roi des instruments, son répertoire, ainsi que des organistes de calibre international, dans une ambiance chaleureuse et des plus favorables à la communication ».

croquis Magny

Programme d’un concert de Monique Gendron à l’orgue et Mariette Gendron-Bouchard au violoncelle le 19 avril 1985. Par Réjean Magny

squiggly

LA COLLECTION AUTOBIOGRAPHIQUE

Outre les documents d'archives proprement dits, c'est-à-dire les écrits personnels originaux et inédits, les APM recueillent des écrits dont il existe quelques copies : des mémoires rédigés pour ses petits-enfants par exemple, ou l'histoire d'une vie racontée pour un cercle d'amis, ou encore un livre publié à compte d'auteur. Nous vous en offrons des comptes rendus au même titre que ceux des fonds d'archives.

Émilie GOSSELIN LEROUX  CA32   Lettres de ma mère 1934-1965

Dans ses lettres à son fils Lucien, clerc de Saint-Viateur, Émilie Gosselin Leroux laisse entrevoir la vie d'une famille bourgeoise et transmet ses préoccupations, ses intérêts, et toute sa sollicitude, d'abord pour ce fils éloigné ainsi que pour tous ses enfants.

Émilie Gosselin Leroux est une femme forte : née à Bellows Falls, au Vermont, en 1880, mariée au notaire René Leroux en 1903 à Montréal, le couple a douze enfants lorsqu'il décède en 1929. Elle élèvera seule les dix derniers toujours à la maison.

À partir de 1934, à l'entrée de son fils Lucien au noviciat des Clercs de Saint-Viateur, elle entame une correspondance suivie avec celui-ci. Elle transmet des nouvelles de la famille, le tient au courant de l'éducation des nièces et des neveux, des maladies et des décès, et lui fait part des beaux moments passés avec la parentèle à leur chalet du Lac Vert, à La Conception. Elle ne manque pas de lui envoyer régulièrement de l'argent, des livres, des gâteries.

Dans ces lettres, on glane des détails sur la vie quotidienne et sociale de l'époque : l'avènement de la télévision, ou le fait qu' en 1953 une levée de fonds pour un camp d'été pouvait réunir 2000 personnes pour jouer aux cartes au Collège de Montréal.

Lucien devient missionnaire au Japon et, en 1961, sa mère ira le rejoindre à Kyoto pour un séjour de trois mois. À plus de 80 ans, elle est toujours autonome et tient à ses vacances au camp du Lac Vert. En septembre 1965, alors qu'elle veut profiter de l'automne dans la solitude, elle fait une chute avec fracture. Par les lettres des membres de la famille à Lucien, toujours au Japon, on suit le déclin d'Émilie, entourées des siens, jusqu'à sa fin en décembre à l'âge de 85 ans.

Ces lettres ont été transcrites par son fils, reliées dans un cahier. Il y a ajouté celles de ses proches lui rapportant l'état de sa mère après son accident.

Citations

« Les nouvelles européennes nous ont causé de l'inquiétude mais ce matin c'est plus calme. Je pense souvent à ce qu'il me faudrait contribuer au cas d'une guerre par l'Angleterre, et autres... »  22 septembre 1937

« Le dimanche, je vais chez L. dîner et quelques fois souper, regarder la télévision. C'est comme les autos, tout le monde en a; mais je trouve ça fatiguant à la longue et les programmes ne sont pas toujours à mon goût. J'en reviens de cet appareil ».  9 décembre 1953

Lucien Leroux

 

squiggly

EN VRAC

L'Association Micro-Archives, crée par des archivistes, en France en 2017, se veut l'archive des « invisibles, c'est-à-dire des « gens ordinaires » qui peuvent y donner, déposer ou prêter leurs archives personnelles et familiales. Les fonds sont hébergés par différents sites patrimoniaux, bibliothèques ou centres d'archives privés. Pour en savoir plus : http://microarchives.org/  et consulter la page facebook.

Pour qui s'intéresse aux écrits personnels, il faut lire le European Journal of Life Writing. Le dernier numéro présente un éditorial sur la pandémie suivi d'articles de fond sur le thème de la mort.

https://ejlw.eu/article/view/36938/34405   La revue possède aussi une page facebook.

Les Archives Passe-Mémoire éprouvent présentement des problèmes avec leur page facebook. Les gens qui désirent nous rejoindre peuvent toujours le faire par courriel [email protected] .

 

Les Archives Passe-Mémoire sont enregistrées comme organisme sans but lucratif. Elles sont soutenues par des bénévoles – sauf pour l’archiviste – et acceptent les dons. Les APM sont aussi reconnues comme un organisme de bienfaisance qui remet des reçus de charité pour l'impôt.