Le Bulletin de l’APM

Volume XI, numéro 2, automne 2021

Les activités ont repris aux APM et nous avons recommencé à accueillir des chercheurs. Sophie Doucet a créé une nouvelle page Facebook et nous avons une nouvelle adresse courriel : [email protected] L'archiviste Rachel Marion poursuit le traitement des fonds et a traité récemment Bélanger Brouillet APM67, Terra Firma APM75 et Famille Stanton APM76. Nous avons récemment eu le plaisir d'accueillir le journal de Lucienne Moussali APM83, ainsi que les écrits personnels de Jeanne Maranda APM80, Danielle Cuisinier Dionne APM82, Pierre et Jacqueline Faribault, APM84. Dans la Collection autobiographique, nous avons reçu l’autobiographie du policier Jean Dupont, ainsi que les mémoires de la Française Annick Doudoux Gravallon, écrits entre 2010 et 2012, qui couvrent la période de l'entre-deux-guerres et de la guerre. On peut dès maintenant le lire en PDF sur le site des APM. La Collection autobiographique s'est aussi enrichie des mémoires de Rose-Blanche Gélinas dont le compte rendu se trouve dans ce Bulletin.  

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COMPTES-RENDUS

de fonds déposés aux APM

APM25 RAMINA

Tout débute dans un minuscule carnet quand, en 1957, une jeune mère de 29 ans commence à tenir un journal. Il s'agit plutôt de 65 agendas rédigés jusqu'en 2010. Elle y note ses activités quotidiennes, ses rendez-vous, ses listes, parfois même les vêtements qu'elle porte et son menu de Noël. Tous ces agendas témoignent de la vie multiforme des femmes : entre deux listes d'épicerie se glissent des notes de cours, le numéro de téléphone de la gardienne des enfants et des réflexions sur ses relations intimes. À 43 ans, quelques nuits sublimes alternent avec des journées pénibles où se révèlent toutes les incompatibilités entre deux êtres qui ne sont pas faits l'un pour l'autre.

Quelques trop rares pages d'introspection laissent deviner sa vie intérieure. Au hasard, on trouve des titres et des noms : Proust, Virginia Woolf, Montessori, comtesse de Ségur, Listz, Oistrach, Dvorak. Elle n'a jamais perdu sa soif d'apprendre : elle note ses lectures, ses pratiques de piano et de guitare, ses cours d'italien et d'allemand.

Selon le décryptage qu'on peut faire d'un tel journal, les listes d'épicerie peuvent être éloquentes. Au début de son mariage, quand l'argent se fait rare, bœuf haché alterne avec porc haché; avec une plus grande sécurité matérielle, vingt ans plus tard elle se permet des cailles ou un gigot d'agneau. Seule à élever ses trois enfants après le décès de son mari, elle fait preuve de beaucoup de courage pour améliorer sa condition, s'inscrit aux cours du soir à l'université où elle obtient un baccalauréat en commerce puis une licence en éducation, après quoi elle obtiendra un emploi stable à la Commission des écoles catholiques de Montréal. Au fil des ans, on suit ses implications communautaires et syndicales, jusqu'à ses plaidoyers en faveur des personnes âgées dans l'AQDR (Association québécoise pour la défense des droits des personnes retraitées et préretraitées).

Ramina a aussi tenu des journaux lors de ses voyages en France en 1975, aux États-Unis et en Grèce en 1981, au Mexique en 2010. Ses réflexions sont personnelles, car elle se défend bien d'écrire comme un Guide Bleu.

Tous ces carnets et agendas témoignent de la vie bien d'une Montréalaise dans la deuxième moitié du XXe siècle.

 Citations

Devenons polémistes. Rédigeons des écrits satiriques contre une institution, un groupe qui manifeste du mépris ou de l’hostilité envers les aînés. Le ridicule tue! Les classes dirigeantes n'aiment pas! ». Faisons respecter nos droits!

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APM59 ROLANDE CÔTÉ  1971-2015

     À partir de 25 ans, en 1971, Rolande Côté tient son journal. En 2015, elle a rempli 248 cahiers d'une écriture soignée, presque sans faute. Alors qu'elle atteint la soixantaine, elle écrit encore plusieurs fois par jour, souvent à partir de 5h43, parfois à quinze minutes d'intervalle, pour noter tous les petits faits qui composent son quotidien : ses occupations ménagères, ses sorties et ses dépenses, ces dernières documentées par des factures d'épicerie, des billets de cinéma, un billet de loterie. Ainsi sa vie défile entre un café au resto et une course au Village des Valeurs, un mariage à 22 ans, puis un autre, un mari volage et alcoolique, puis un autre moins difficile, et des chattes qui se succèdent devant le poêle à bois.

À travers les ans, on la suit de son village natal dans la région de Lotbinière, à Montréal, en Abitibi, à Laval et à Québec, où elle occupe une variété d'emplois, en usine et au bureau, entrecoupés des prestations de l'assurance-chômage et de l'aide sociale. Rolande Côté a connu des moments difficiles, mais elle n'a jamais abandonné sa quête d'une vie meilleure.

Un journal aussi détaillé renseigne non seulement sur la vie quotidienne, mais aussi sur la consommation domestique, les meubles, les vêtements, ainsi que sur l'alimentation. Elle décrit aussi ses loisirs, les disco-clubs, les Alcooliques anonymes, le magasinage. Elle nomme les émissions de télévision, la musique populaire et les livres qui donnent un aperçu des goûts de l'époque.

Les amants se succèdent, les désenchantements viennent vite. Fière, elle n'est pas de celles que l'on bat, elle exige le respect. Elle est très ouverte dans son journal sur sa vie sexuelle et ses relations d'amitié, mais vaine est sa quête pour l'homme idéal : « honnête, sincère, loyal, paisible, heureux et prospère ». 13 mars 1987.

Comme plusieurs diaristes, elle se relit, parfois des années plus tard, et ajoute même des annotations. Ainsi en 1985, elle note : « 1 an plus tard tu ne le sais pas encore mais tu seras à Québec et tu ne seras plus avec lui ». Sur la maitresse de son mari, on trouve griffonné dans la marge : « je ne l'ai jamais vue. Je ne sais pas vraiment de quoi elle a l'air cette m... ».

En 2006, elle écrit : « Je suppose que lorsque je vivrai ma vie je n'aurai plus besoin d'écrire ». Elle a vécu une vie mouvementée et on lui est obligée de ne pas avoir cessé d'écrire.

CITATIONS

Avant quand il buvait, je me décourageais, je me repliais sur moi-même, j'tais toujours seule et je pleurais. Maintenant ce n'est plus ma devise « Tais-toi et endure ». Je me dis « sors et fais pareil ». Je suis pas mal mieux comme ça. Ce qu'il a le droit de faire, j'ai le droit de la faire. 3 août 1974.

Je fais partie d'une classe économique défavorisée, celle des assistés sociaux, la classe la plus défavorisée de l'échelle sociale, ce n'est pas ma place pourtant... je vaux plus que ça. 31 mars 1987.

Quelques-uns des 248 cahiers de Rolande Côté

Cahiers

 

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DE LA COLLECTION AUTOBIOGRAPHIQUE

Outre les documents d'archives proprement dits, c'est-à-dire les écrits personnels originaux et inédits, les APM recueillent des écrits dont il existe quelques copies : des mémoires rédigés pour ses petits-enfants par exemple, ou l'histoire d'une vie racontée pour un cercle d'amis, ou encore un livre publié à compte d'auteur. Nous vous en offrons des comptes rendus au même titre que ceux des fonds d'archives.

CA33 ROSE-BLANCHE GÉLINAS

     Les militantes, celles qui se dévouent entièrement à une cause, celles qui veulent changer le monde, ont rarement le temps d'écrire. On est d'autant plus reconnaissante à Rose-Blanche Gélinas (1909-1998) d'avoir rédigé son autobiographie alors qu'elle était dans la soixantaine. En 165 pages, elle contextualise tout ce qu'elle nous raconte. Son enfance à Saint-Sévère, son école, sa vie personnelle comme sa vie de travailleuse et de syndicaliste engagée.

Elle doit quitter l'école à 16 ans, en sixième année, pour contribuer aux besoins de la famille car sa mère est veuve, chargée de 7 enfants dans le quartier De Lorimier. Rose-Blanche travaille tout à tour comme commis de magasin, comme mannequin, dans une manufacture de chaussures, dans une autre de vêtements, dans une fruiterie, dans un studio de photographie et comme téléphoniste, n'hésitant pas à quitter un emploi quand les conditions sont trop difficiles ou quand le fils du patron se fait trop insistant. Rebelle, elle quitte son emploi au journal La Presse après que le patron lui eut refusé un congé pour assister aux funérailles de sa grand'mère.

Son mariage à Marcel Gélinas, un travailleur chez Canadair, en 1931, inaugure son intérêt pour le syndicalisme. Ils décident de n'avoir que deux enfants et Blanche tient tête au curé qui menace de lui refuser l'absolution si elle pratique le contrôle des naissances.

Plus de la moitié de son texte est consacré à ses implications sociales et politiques, particulièrement dans les mouvements pacifistes. Si elle parle de sa conscientisation pendant la Crise et la Guerre d'Espagne, il faut lire entre les lignes pour deviner son adhésion au mouvement communiste. Elle participe au Congrès mondial des femmes de Copenhague en 1953. En 1957, elle fonde avec quelques camarades la Ligue des Femmes du Québec. On la retrouve aux côtés de Simonne Monet-Chartrand dans la Ligue des mères en 1959. À la lire, on réalise tout ce que le mouvement féministe doit aux militantes de la base depuis cinq décennies, qu'il s'agisse de leur mobilisation pour la réforme du Code civil de 1964, de la Commission d'enquête sur la situation de la femme au Canada en 1970, des célébrations de la Journée internationale des femmes, de la Voix des Femmes pour la Paix.

On devine à travers le récit de Blanche Gélinas un tempérament solaire, optimiste, impatient comme elle l'admet elle-même. Elle n'a jamais abandonné sa quête de justice sociale, son espoir en un avenir meilleur et son sens de l'humour.

« Il n'y a pas d'âge pour revendiquer », écrit-elle, et pendant ses dernières années elle défend les droits des gens de son âge dans le Forum des Citoyens âgés de Montréal.

Quelques copies de l'autobiographie de Rose-Blanche Gélinas sont reproduites pour des membres de sa famille et nous savons gré à sa petite-fille Jeannine Marsan d'en avoir déposé une aux Archives Passe-Mémoire.

CITATIONS          

     Lorsque nous quittons la campagne pour venir habiter à Montréal, les enfants débordent d'enthousiasme devant cette vie nouvelle. Mais notre mère est bien triste de quitter son village natal. Le soir de notre arrivée, ma mère nous fait mettre à genou et nous dit : « Mes enfants, nous sommes dans une grande ville, priez fort je pense que nous sommes parmi les diables ». P. 25.

     Je rêve du jour où les femmes combattront à côté des hommes de courage pour obtenir la justice pour tous. Je crois profondément que lorsque l'on cesse de lutter on cesse de vivre et que la vie est un combaht perpétuel. p. 60

Il faut suivre le temps et s'adapter à de nouvelles conditions. C'est sûr que tout change et il faut apprendre du nouveau. p. 156  

coupure de jopurnal
 

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COLLECTION AUTOBIOGRAPHIQUE


 

CA34 ANNICK DOUDOUX GRAVALLON

Un 16 avril 2010, Annick Gravallon, née Doudoux, entreprend ses mémoires : « Aujourd'hui, allez savoir pourquoi, je vis dans le passé, je n'arrive pas à faire marcher le bidule pour enregistrer; une fausse manœuvre et zou, tout a été effacé! Alors je prends ce cahier offert il y a plusieurs années… ».

Dans un hommage à sa mère, Marie Doudoux, née Lorin, Annick Gravallon raconte leur vie dans les années 1930 et pendant la guerre et l'Occupation de la France. Une vie faite de multiples déménagements, d'un bout à l'autre de la France, là où son père est nommé, puis là où les Allemands les forcent à partir. Marie va d'école en école où elle travaille comme intendante ou surveillante.

Annick sait se remémorer les détails de la vie quotidienne : les vêtements de deuils de sa mère, les travaux ménagers de l'époque. Elle explique en détail la lessive à la rivière (à Montiers), la vaisselle qu'on lave en chantant Théodore Botrel et les autres tâches domestiques. On constate dans les campagnes la survie de coutumes et de travaux qui datent du moyen-âge. Tout comme elle sait décrire les bombardements vécus dans des abris où la mère, Marie, distribue des biscuits et fait chanter les enfants pour les distraire. Le lendemain, les Allemands viennent chercher les plus grandes élèves pour déblayer les décombres et les morts laissés par les bombes américaines.

Vient la Libération, l'arrivée d'Annick à Paris avec celui qui allait être son mari, Marcel Gravallon. Elle termine son récit à la mort de sa sœur Gabrielle en 2010.

Le petit-fils d'Annick, Augustin Charpentier, qui habite au Québec, a fait don aux APM de la copie numérisée de ce cahier qu'on peut lire en PDF.

Heureusement le bombardement était anglais. Rares étaient les bombes en dehors de l'objectif. Les Américains, eux, arrosaient largement, ne prenaient pas de risque et repartaient en larguant le reste des bombes. P. 24

Et ce mot de la fille d'Annick :

Lettre

 

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NOS LECTURES

Roman épistolaire

Mariama BÂ, Une si longue lettre. Paris, Éditions africaines du Sénégal, 1979; Privat/Le Rocher, 2010, p. 165.

Depuis au moins trois siècles le roman épistolaire sert de véhicule à la critique et à la polémique. Ici le message est féministe. Le seul ouvrage publié par la Sénégalaise Mariana Bâ de son vivant (on lui doit aussi un roman posthume Le chant écarlate) prend la forme de 28 lettres écrites de Dakar par Ramatoulaye à son amie émigrée aux États-Unis, Aïssatou.

Dans ce roman monophone, qui consiste en une seule longue lettre à une seule destinataire, cette dernière n’est pas tout à fait absente puisque l’épistolière fait référence à des lettres reçues ainsi qu’à des situations partagées laissant pénétrer la lectrice du roman dans l’univers de sa destinataire. Plus qu'un simple récit d'une situation particulière, l'autrice offre aussi un discours social sur la situation des femmes et des familles sénégalaises. Un tel épanchement – fictif – à une amie ajoute aussi de la véracité aux propos exprimés ici dans un beau style imagé.

Comme Mariama Bâ, Ramatoulaye est enseignante à Dakar, ou plutôt enseignait avant son mariage à un haut fonctionnaire, pour ensuite s'occuper de son ménage et de leurs neuf enfants jusqu’à son décès en 1981. En se confiant à son amie, elle décrit leur milieu social, classe supérieure, bien éduquée, mais qui n’échappe pas aux traditions dont la polygamie de leur mari qui fait la toile de fond de tout le livre. Polygamie en tant que comportement sexuel, mais aussi en tant que pratique sociale et union économique qui témoigne de l’inégalité du statut des femmes. Le décès du mari polygame laisse éclater toutes les rivalités, les aspirations et les déceptions des survivantes. À chacune de composer avec son nouveau destin comme elle le pourra et comme elle choisira dans les limites du possible. Sans jamais perdre sa dignité.

Quarante-deux ans après la sortie de ce livre, la polygamie est toujours légale au Sénégal.

EN VRAC

Si vous hésitez encore à écrire votre journal, voyez les réflexions, les hésitations, presque les scrupules du Curé de campagne de Georges Bernanos: « J’ai décidé ce matin de ne pas prolonger l’expérience au-delà des douze mois qui vont suivre. Au 25 novembre prochain, je mettrai ces feuilles au feu, je tâcherai de les oublier. Cette résolution prise après la messe ne m’a rassuré qu’un moment. » Journal d'un curé de campagne

L'Association pour l'autobiographie et le Patrimoine autobiographique (APA) a publié son Cahier no 69 sur un thème d'actualité : Vivre confinés. http://autobiographie.sitapa.org/publications/cahiers-de-l-apa/article/cahier-no-69-vivre-confines

Le Prix Clarens récompense chaque année un journal intime publié. Pour l'année 2021, les finalistes du prix de 3000 euros sont : 1) Pierre Bergounioux, Carnet de notes 2016-2020. Paris, Verdie; 2) René Depestre, Cahier d'un art de vivre. Journal de Cuba, 1964-1978. Paris, Édition établie, préfacée et annotée par Serge et Marie Bourjea, Actes Sud; 3) Julien Green Journal intégral, Tome 2 (1940-1945) et 3 (1946-1950). Paris, Édition établie par Guillaume Fau, Carole Auroy,  Alexandre de Vitry et Tristan de Lafond; 4) Albert Memmi, Les hypothèses infinies. Journal 1936-1962, Édition établie et annotée par Guy Dugas, ITEM/CNRS éditions, collection Planète libre; 5) Alejandra PizarnikJournal. Premiers cahiers 1954-1960, Ypsilon; 6) Anita PittoniJournal 1944-1945, Éditions La Baconnière. En 2020, le journal du poète Ishikawa Takuboku (1886-19112) s'était mérité le Prix Clarens. https://www.prixclarensjournalintime.fr/copy-of-edition-2019

Les Moments littéraires, Revue de l'écrit intime se consacre aux écrits personnels publiés. On y trouve des dossiers sur des dizaines d'auteurs et d'autrices, ainsi que les chroniques de la critique littéraire Anne Coudreuse. http://lesmomentslitteraires.fr/

Le numéro 22 de la Revue Elseneur, sous la direction de Brigitte Diaz, porte sur l'autobiographie. https://www.fabula.org/actualites/elseneur-ndeg-22-l-autobiographique-hors-l-autobiographie_25302.php

On vous recommande l'écoute de l'émission « L'archive intime» de France Culture sur les journaux intimes et correspondances après décès. https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/classer-les-choses-penser-les-hommes-44-larchive-intime

La Bibliothèque de Genève offre une série de cinq balados sur l'écriture intime https://blog.bge-geneve.ch/amiel/

Sites d'archives autobiographiques européennes :

France : L'Association pour l'autobiographie et le Patrimoine autobiographique (APA) http://autobiographie.sitapa.org/

Les Archives Passe-Mémoire sont enregistrées comme organisme sans but lucratif. Elles sont soutenues par des bénévoles – sauf pour l’archiviste – et acceptent les dons. Les APM sont aussi reconnues comme un organisme de bienfaisance qui remet des reçus de charité pour l’impôt.

 
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