Le Bulletin des APM

 

Volume XI, numéro 1, printemps 2021

 

Nos excuses à toutes les personnes qui ont essayé de nous joindre depuis six mois. Nous avons perdu notre adresse Gmail ainsi que tous nos courriels, la liste d'abonnés.es au Bulletin et les fichiers dans GoogleDrive. Irrécupérables après des mois, malgré tous les efforts de notre archiviste Rachel Marion. Nous avons donc quitté ce GAFAM et ouvert une nouvelle adresse courriel : [email protected]

De plus, comme un malheur ne vient jamais seul, Sophie Doucet, qui alimente notre page Facebook, en a perdu l’accès depuis janvier. Tous ses efforts ont été vains, car il est impossible de communiquer avec une « vraie » personne. Elle s'est finalement résolue à créer une nouvelle page Facebook que nous vous invitons à visiter.

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Elle a duré et perduré beaucoup plus longtemps qu'on avait prédit. Cette pandémie nous a empêché d'ouvrir nos portes à la consultation, mais notre archiviste Rachel Marion a poursuivi son travail et traité les fonds suivants: APM72 Clairmont Bergeron, APM77 Thérèse Leblanc. Nous avons aussi recueilli les documents de Guy Ménard APM78, et Jacob Boucher APM79.

Pour la deuxième année, nous n'avons pu présenter nos lectures à haute voix pour la Journée internationale des archives le 9 juin. Pour continuer à partager nos fonds, nous vous offrons des lectures d'extraits sur notre site internet. Vous pouvez déjà entendre deux courts textes lus par Danaé Michaud-Mastoras.

De nouveau, nous vous encourageons à tenir un journal pendant la pandémie et à venir le déposer aux APM. Qui eut dit, il y a six mois, que je réitérerais cet appel.

 

COMPTES-RENDUS

de fonds déposés aux APM

 

APM77 FONDS ANNE THÉRÈSE LEBLANC

Née à Maria, sur la Baie des Chaleurs, comme bien d’autres jeunes filles de sa génération, Anne Thérèse Leblanc est venue travailler à Montréal. Elle a été bonne d’enfant, pour ensuite faire son cours d’infirmière, et par la suite elle occupe plusieurs postes à l’hôpital Jean-Talon de Montréal entre 1963 et 1988.

La distance règle l’échange des lettres. Pour les gens qui habitent la même ville, c’est au gré des voyages qu’on s’écrit. Ainsi, les correspondances amoureuses qu’a déposées l'infirmière arrivent et partent de façon irrégulière. La correspondance la plus soutenue s’échelonne de 1966 à 2019 : Jim et elle restent en contact du Caire à Djakarta, de Montréal à Athènes. On est ému par l’expression des sentiments, mais on trouve aussi des bribes de la vie quotidienne, voire même politique, d’une latitude à l’autre. Le texte est émaillé de réflexions sur ses lectures et sur la musique qu'elle écoute, dont Dvorak et Wagner. Et non sans émotions, on découvre une carte de vœux pour le 50e anniversaire de leur rencontre. Et une dernière carte de Saint Valentin d'une écriture incertaine.

Pour compléter les lettres reçues, Anne Thérèse Leblanc a laissé quelques copies de ses propres lettres : on suit son travail d'écriture, ses derniers livres.

Le fonds comprend une bibliographie des œuvres d'Anne Thérèse, ainsi que le livre d'invités.es au lancement de La Belle de Mésy en 2002, et de son livre illustré Carnets d'une femme étrange en 2007.

La Belle à Mésy, c'était sa mère Diana dont elle raconte l'histoire et celle de sa famille en se basant sur leurs écrits, sur ses souvenirs et en agrémentant son récit de plusieurs photographies.

Dans les Carnets d'une femme étrange, la Gaspésienne devenue Montréalaise nous offre le récit de sa vie, de ses voyages, entrecoupés de poèmes et de réflexions, illustrés de photos. Un très beau livre qui présente le tableau d'une époque et de l’« étrange » personne qui l'a habitée.

Citation

« Je n’ai plus le plaisir que j’avais avec la poste depuis toujours. La poste était livrée vers 10h30, au plus tard 11. Maintenant les facteurs ont une route beaucoup plus longue, si bien que désormais la maison est au bout d’une route de livraison qui finit à 17h. C’est l’heure où je reçois le courrier. J’ai perdu un des grands plaisirs que j’ai toujours eu avec la poste ». Montréal, 16 février 2006

 

Anne Thérèse Leblanc avoue avoir fait des centaines de listes, s'appuyant sur Umberto Eco qui les considérait à l'origine de la civilisation occidentale. Que pensera la chercheuse qui un jour tombera sur celle-ci?

Mercredi 31 mai 1995

lavage quatre brassées

séchage au soleil

ménage de la maison

agence de voyages pour voyage en Turquie

trouvé paravent chinois

lettre de B.

 

 

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APM66 FONDS MARCEL COULOMBE

Deux liasses de lettres amoureuses : une de papier rose, celles de Rollande Bourgault, et l'autre de papier bleu, de Louis Philippe Coulombe, en 1949 jusqu'à leur mariage en 1950. Ils n'habitent qu'à une quinzaine de kilomètres de distance, lui à Saint-Hyacinthe, elle à Saint-Jude, ils se voient en fin de semaine et s'écrivent dès le mardi.

Menuisier, il parle de son travail mais surtout, depuis qu'elle a accepté de l'épouser, il prodigue ses conseils, ses attentes et ses résolutions. « Je veux que tu aimes ton mariage et non pas subir ton mariage », écrit-il. On apprend que tous deux détruisent des photos de leurs amis.es précédents.

Elle lui fait part de ses travaux domestiques : lavage le lundi, repassage le mardi, couture, en partie pour son trousseau, « cannage » et autres mises en conserve. Quant à lui, il fabrique les meubles pour leur futur ménage. On note les références à la religion, avec pèlerinage au Cap-de-la-Madeleine les préparatifs en vue du mariage, non seulement les achats mais aussi la lecture du Secret du bonheur conjugal.

On trouve aussi dans ce fonds quelques lettres, un petit carnet où Louis Philippe écrit ses pensées, la plupart ont pour objet Rollande.

Au fil des ans, Rollande a noté ses recettes. On voit l'importance donnée aux desserts, on retrouve des mets oubliés comme les grand'pères et le fameux gâteau renversé aux ananas, sans compter les tourtières, le ketchup aux tomates vertes et les beignes

Le fils de Rollande et Louis Philippe, Marcel Coulombe, donateur du fonds, y a ajouté son cahier de composition de 1963-1964 et une importante correspondance de l'autrice poète Hélène Ouvrard. Celle-ci envoie sa première lettre de Paris lors d'un séjour en 1983 et la plupart des échanges ont lieu en 1986. Elle y parle de ses livres, de leur distribution, de parapsychologie et d'astrologie.

Dans un tout petit calepin, en 1917 Yvonne Poirier [future épouse de Alphonse Coulombe en 1919] grand'tante de Marcel Coulombe tient un journal.

CITATION

« Il me semble qu'il n'y a pas longtemps de cela je t'écrivais bien chère amie, ensuite très chère fiancée, maintenant je te dis mon épouse, ça fait curieux quand même je me dis souvent qu'il faut s'aimer beaucoup pour en venir à cela... ». Louis-Philippe Coulombe à Rollande Bourgault, 7 juin 1950.

 

 
 

 

DE LA COLLECTION AUTOBIOGRAPHIQUE

Outre les documents d'archives proprement dits, c'est-à-dire les écrits personnels originaux et inédits, les APM recueillent des écrits dont il existe quelques copies : des mémoires rédigés pour ses petits-enfants par exemple, ou l'histoire d'une vie racontée pour un cercle d'amis, ou encore un livre publié à compte d'auteur. Nous vous en offrons des comptes rendus au même titre que ceux des fonds d'archives.

CA20 DENIS NEVEU

Denis Neveu, enseignant à la retraite, nous livre huit courts textes sur son enfance ou plutôt sur la vie de sa famille à Saint-Ambroise-de-Kildare pendant les années 1940 et 1950. Le ville n'est qu'à 64 kilomètres de Montréal, pourtant le 5e rang semble se situer un siècle plus tôt.

Ceci n'est pas péjoratif comme en font foi les témoignages de Neveu qui excelle dans les descriptions. D'abord la maison, divisée pour abriter trois générations dont il fait revivre l'architecture et l'ameublement, avec sa cuisine d'été et ses bécosses. Suit l'école où il se rend à pied ou en traineau à chien. On y trouve un bel hommage aux institutrices des écoles de rang.

Vivre à la campagne signifiait travailler dur et Neveu trace un portrait vivant des corvées et des travaux de la ferme, avec la machinerie, souvent bricolée, pour presser le foin, battre le grain, abattre les arbres. Des labeurs dont les enfants ne sont pas exemptés. C'était aussi les veillées bien arrosées chez Mon oncle Jos.

Ces fragments de vie rurale me rappellent le livre de Georges Bouchard Vieilles choses, vieilles gens, oublié en 1926, et celui de Michelle LeNormand Autour de la maison, en 1930, Denis Neveu n'exprime toutefois pas une nostalgie pour le « bon vieux temps » mais transmets plutôt une description fidèle de quelques moments disparus de la vie rurale.

CITATION

« Il est souvent arrivé que mon père soit obligé de marcher à côté du traineau pour ne pas avoir trop froid. Il en profitait pour m'inciter à m'instruire : ‘De cette façon, disait-il, tu t'assures de toujours travailler à la chaleur’. » La terre à bois, p. 2.

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CA13 ROMÉO DUPONT

« J'écris aujourd'hui les mémoires d'une vie laborieuse et j'ai commencé par une jeunesse heureuse... ». Ainsi commence les souvenirs que Roméo Dupont consigne pour ses enfants. Pendant quelque vingt pages tapées, on suit les grandes étapes de sa vie.

Né en 1900 à Saint-Jean-Port-Joli où il passe sa jeunesse, 11e de 12 enfants, Roméo Dupont se rappelle ses jeux au bord de la mer, la vie familiale et les tâches de chacun et chacune, la marche au catéchisme sous la férule d'un curé sévère et exigeant. Vient l'école jusqu'à à 15 ans quand, après avoir été surpris par la supérieure à embrasser une élève, il est congédié. Commence le travail sur la ferme et l'hiver dans les chantiers de Saint-Pamphile.

Il se rappelle avec émotion les deux ans de fréquentations avec Rose-Aimée Cloutier qui travaillait à la cuisine dans le camp de bûcherons, avec la présence des chaperons qui empêchaient toute intimité, décourageant même un baiser. Entre 1924 et 1948, les enfants se succèdent au début presque chaque année, puis à plus grands intervalles. La famille ne perdra qu’une fille, à une époque où la mortalité infantile fait des ravages.

Vient la vieillesse avec le repos forcé, les médicaments, les amis qui disparaissent, et les veillées à l'Âge d'or. Tout ralentit, mais son optimisme ne fléchit pas : « Il ne se passe pas une journée sans que nous appréciions la belle vieillesse que nous faisons. Pas riches d'argent, mais riches de l'estime de nos enfants » (13). « Dans 15 jours, je commence ma 80ième année. Je vais rentrer dans le rang des 'radoteux' » (15). Lui qui ne croyait pas se rendre à 80 ans, décédera dix ans plus tard à 90 ans.

On remercie la petite-fille de Roméo Dupont, Maud Dupont-Bouchard, qui a accompagné ce texte d'une courte biographie de son grand-père.

 

 
 

NOS LECTURES

Romans d’archives

Hélène GESTERN, L'odeur de la forêt. Paris, Arléa, 2016.

Nous avons, aux APM, découvert l’écrivaine française Hélène Gestern avec Eux sur la photo (Arléa, 2011), très joli premier roman sur la quête d’une femme dans ses archives familiales et sur la manière dont cette plongée dans son passé modifiera son présent. Une trouvaille! Nous nous sommes plongées avec autant de plaisir dans L’odeur de la forêt (Arléa 2016), un roman plus récent de l’écrivaine qui est aussi enseignante-chercheuse, spécialiste de l’étude du lexique.

Gestern nous emmène cette fois encore au cœur d’archives, dans les pas d’une historienne de la photographie qui découvre les lettres et l’album photographique d’un soldat de la Grande Guerre, Alban de Willecot (personnage inventé pour le roman). En essayant de reconstituer l’histoire de ce soldat, le personnage de l’historienne reconstruit sa propre histoire, sur fond de deuil amoureux. Les allers-retours entre le passé et le présent, les différentes formes d’écriture (lettres, journal, poésie narration), le style (entre suspense et sensibilité) sont extrêmement maîtrisés. Si vous aimez comme nous les archives, nous vous recommandons les romans d’Hélène Gestern.

Sophie Doucet

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Madeleine LAMOUILLE, Pipes de terre et pipes de porcelaine, Genève, Zoé, 1978 et 2021.

À 15 ans, en 1923, Madeleine (on ignore son nom de jeune fille) obtient son premier emploi dans une filature de soie de Troyes, un couvent-usine. Elle a passé son enfance dans une extrême pauvreté, dans un monde centré sur le travail, où glaner, déculotter et vendre des grenouilles au marché, mendier même, occupait les enfants après l'école; on vivait du potager et de la charité des riches du village. Car Cheyres, dans le canton de Vaud en Suisse, est divisé entre catholiques et protestants et entre riches, très riches, et pauvres miséreux. Madeleine et sa sœur passent trois ans à la filature, elles apprennent leur métier et la cuisine, toujours sous la garde des religieuses qui tiennent la maison de pension. Le système paternalisme de l'endroit, malgré toutes les critiques qu'il se mérite, a bien profité aux jeunes filles pauvres et Madeleine y serait demeurée si sa sœur n'était décédée de tuberculose.

À une époque où la domesticité emploie 7% de la main-d'œuvre suisse, en grande majorité des femmes, elle est engagée comme femme de chambre à 19 ans, un métier qu'elle occupera pendant presque 20 ans. Elle décrit la vie et le travail des domestiques dans un manoir de la petite noblesse d'un petit village, puis chez des bourgeois de Genève.

On devine que l'exploitation va de soi, mais la mesquinerie, l'avarice, le snobisme rendent plus pénible encore l'existence de la cuisinière et de la femme de chambre. On soigne son personnel, on fait venir le médecin si elles sont malades, on les amène à l'église même si elles ne sont pas croyantes, on leur fournit les vêtements appropriés à leur état, le fameux petit tablier, mais comme elle le dit : « Chez les B., on nous faisait travailler comme des esclaves. Mais je leur ai toujours été reconnaissante de m'avoir soignée... » (41). Chaque endroit marque aussi une nouvelle identité : au manoir, à son arrivée on lui dit qu'il y a déjà une Madeleine, on l’appellera donc Marie. Chez les bourgeois, on lui annonce : « Ici, on vous appellera Bobonne. C'est la coutume dans la famille » (88).

Elle décrit son éducation catholique, ses rapports avec le curé – elle détestait la confession -, son abandon de la religion, comme elle décrit ses travaux, ses relations avec ses patrons et avec les autres domestiques. La lecture, de Victor Hugo aux écrits socialistes, lui tient compagnie. Elle se lie d'amitié avec la cuisinière et épousera le neveu de celle-ci. Elle continuera à faire des ménages et à garder les enfants de la famille.

Le récit de vie de Madeleine a été livré au petit-fils de la famille qu'elle a servie de 1931 à son mariage au serrurier syndicaliste André Lamouille en 1937. Il a recueilli ses souvenirs, les a enregistrés, transcrits puis organisés. Madeleine a eu la chance d'avoir affaire à un historien, auteur d'une autobiographie, qui s'intéresse particulièrement aux écrits personnels. Voici comment il comprend son rôle :

« Madeleine racontait l'histoire d'une servitude, et m'en prenait à témoin. Mais à qui parlait-elle? Il me semblait qu'à travers moi elle parlait à d'autres qui peut-être ne sont plus, ou sans doute ont changé de visage : à tous les maîtres, à tous les patrons, à tous les chefs. Elle leur disait leur fait » (129).

On doit à Luc Weibel d'avoir contextualisé le récit de Madeleine, comme le débat sur la journée de congé, dans le temps, l'entre-deux-guerres, et dans l'espace, le canton de Vaud et Genève.

Il faut souligner la préface signée par l'historienne Michelle Perrot.

Andrée Lévesque

 

EN VRAC

La BAnQ renferme plusieurs fonds autobiographiques dont la correspondance entre Marion Deichmann et Hélène Stevens, de 1946 et 1959, qui a fait l'objet de deux émissions à Radio-Canada avec l'archiviste Marthe Léger qui a facilité leur réunion en 2016.

https://ici.radio-canada.ca/info/videos/media-7798862/une-quebecoise-et-une-francaise-se-rencontrent-enfin

https://blogues.banq.qc.ca/instantanes/2017/10/19/marion-deichmann-helene-stevens-emouvante-premiere-rencontre-de-deux-amies-de-longue-date/

Parmi les écrits personnels que détient la BAnQ, on remarque ceux les journaux intimes de la journaliste Judith Jasmin entre 1928 et 1947. On peut voir les reproductions de ses écrits : https://blogues.banq.qc.ca/instantanes/2017/03/08/judith-jasmin-1916-1972-confidences-de-jeunes-annees/

On vous invite à regarder la vidéo « Profession archiviste » avec Marthe Léger

https://www.lafabriqueculturelle.tv/capsules/13423/profession-archiviste-cette-histoire-nous-menera-loin-quebec-et-montreal

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Les Éditions du Défriché, situées en Bourgogne, sont une petite maison d'édition indépendante fondée au printemps 2020, pendant la crise de la Covid-19 et suite au mouvement #MeeToo. Prenant pour devise : « Écrire la vie, toutes les vies, privilégient l'écriture autobiographique féminine : « Un ‘je’ » féminin entre réflexion individuelle et mémoire collective ». Pour favoriser la création, on y tient des ateliers d'écriture mensuels.

Leur dernière publication : Hors Siècle, d'Odile Vecciani. Une écriture poétique sur la mémoire et les conséquences de la Seconde Guerre mondiale dans une famille.

https://ledefriche.com/

 

 

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Les Archives Passe-Mémoire sont enregistrées comme organisme sans but lucratif. Elles sont soutenues par des bénévoles – sauf pour l’archiviste Rachel Marion – et acceptent les dons. Les APM sont aussi reconnues comme un organisme de bienfaisance qui remet des reçus de charité pour l'impôt.