Le Bulletin des APM

Volume XII, numéro 1, printemps 2022

Pendant plus de deux ans, la population a été, plus ou moins volontairement, en tête-à-tête avec son moi. Chacune et chacun a eu tout le loisir pour écrire sur Soi. Ce qui nous appelle à réfléchir sur l'intime et par conséquent sur l'extime. Et aussi à donner quelques conseils aux personnes avides de spicilèges et autres « scrapbooks » pour documenter ces temps inédits.

Nous avons récemment accueilli les lettres du soldat Léon Delorme, offertes par sa fille Andrée Delorme. Dans les camps d'entraînement, les hommes trouvent le temps d'écrire. Les APM possèdent cinq fonds de militaires pendant la Seconde Guerre mondiale : les lettres de l'officier de la marine Renaud à sa fiancée Louison (APM20), les lettres de l'officier dans l'aviation Jean Tardivel à sa fiancée Gisèle Charbonneau (APM38); le journal de l'officer Pierre Faribault (APM84), ainsi que les centaines d'aérogrammes du soldat Laurent Melançon à sa famille et de son ami Léon Delorme à sa femme (APM26 et APM85).
 

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L'EXTIME DANS LE JOURNAL INTIME

Privé, intime, pour soi, pour les autres, un journal peut-être tout ça à la fois. Un journal intime recueille l'expression du plus profond de soi, le for intérieur. Il ne faudrait toutefois pas confondre intime et privé, car l’intime, a priori privé, peut se rendre public. Il devient alors extime. Il n'y a pas de dichotomie entre l'intime et l'extime, les deux sont entremêlés dans tous les journaux. Les archives personnelles, les écrits autobiographiques qui y sont déposés, font état de l'intériorité de l'autrice et de l'auteur, mais ils illustrent aussi le monde sur lequel elles et ils réfléchissent.

Je retiens deux sens au mot extime : a) quand, dans un journal, on parle de ce qui est extérieur à soi : de son environnement, des grands événements dont on est témoin, en un mot de ce qui se passe dans le monde et dans la sphère publique. Aux APM, on pense à la description de l'armistice que nous a laissée Gisèle Charbonneau (APM38), aux scènes d'après-guerre en Hollande racontées par Laurent Melançon (APM26), à l'épidémie de grippe espagnole qu'a vécue Cécile Rivard (CA27), à la campagne du référendum de 1980 dans laquelle s'est impliqué Thomas Salomon (APM34), ou même aux listes d'épicerie de Ramina (APM25) et aux factures conservées par Rolande Côté (APM 59).

Si l'intime s'ausculte - et dans tous les journaux intimes on retrouve des interrogations sur soi –, l'extime se penche sur l'entourage, y cherche un sens ou simplement le décrit. Ces réflexions sur l'extérieur de soi - crise politique, affaire judiciaire, économie – permettent de comprendre le contexte où se situent les diaristes.

b) Dans le deuxième sens du mot, les diaristes rendent leur intime public. Aux XIXe et XXe siècles, on a surtout associé l’intime au privé et au caché, mais dès la fin du siècle, les pensées et les expériences intimes comme la honte ou la sexualité, s'expriment en public et pénètrent dans tous les foyers par le truchement de la télévision.

Depuis quelques décennies, on dévoile volontiers la profondeur de ses sentiments et de ses passions - tout ce que la plupart des gens considèrent intime, - souvent à des anonymes qui liront une autobiographie ou un blogue. Combien de personnages connus n'hésitent pas à publier leur journal personnel ou leur correspondance sachant qu'il y a un public avide de pénétrer dans leur vie personnelle. Les personnes qui écrivent contrôlent cependant leurs indiscrétions, sélectionnant des passages, se censurant, consciemment ou non, sur ce qu'elles et ils veulent rendre public dans leur intime.

Les journaux détenus aux Archives Passe-Mémoire sont presque tous extimes dans le premier sens du terme, quand les diaristes réfléchissent sur leur univers, sur les événements dont elles et ils sont témoins, mais sans avoir l'intention de partager leur contenu avec un large public. C'est le cas pour les journaux d'individus décédés dont les écrits nous parviennent par les membres de leur famille qui en ont hérité.

Les diaristes qui confient aux Archives Passe-Mémoire un journal inachevé, encore actif, savent qu'un jour on va les lire, que l’on connaîtra ce qui est caché, destiné au secret, mais quand même dévoilé dans un cahier. Ces personnes acceptent que leur journal devienne extime aujourd'hui ou plus tard. Pour conserver quand même une part d'intime, certaines personnes adoptent un pseudonyme, ou interdisent la lecture de leurs écrits avant un certain nombre d'années, ou après leur mort.

Intime et extime, ils ouvrent tous une fenêtre non seulement sur la vie intérieure d'une seule personne, mais aussi sur ses comportements, sur son milieu et sur son époque.

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SI VOUS ÉCRIVEZ SUR VOUS

Depuis le début de la pandémie, on vous incite à rédiger votre « Journal de covid », de Jeannette Bertrand à Marie-France Bazzo, on écrit sur Soi et ces temps difficiles. Pour vous en convaincre, allez taper « journal personnel pendant la covid », ou en anglais « pandemic diaries », en espagnol « diarios de la pandemia ». On a beaucoup écrit. Et si vous allez voir « scrabook pandémie », on vous offrira des cahiers, des albums et des conseils pour votre scrapbooking (en français).

Dans ces albums, on colle des photos, des coupures de journaux, des affiches. Comme le dit Wikipédia : « Le scrapbooking, ou créacollage, collimage (francisations principalement utilisées au Québec), est une forme de loisir créatif consistant à introduire des photographies dans un décor en rapport avec le thème abordé, dans le but de les mettre en valeur par une présentation plus originale qu'un simple album photo ». 

Mais, si vous avez l'intention d'un jour déposer vos spicilèges aux archives, il ne faut surtout pas coller! Pour assurer la conservation et la pérennité, évitez la glue. Il est souvent difficle de décoller des documents sans les endommager.

Nous vous encourageons à tenir un journal personnel, la pandémie peut être un prétexte pour vous initier à l'écriture sur soi, en utilisant un crayon ou un stylo à l'encre sur du papier. Si vous préférez taper directement sur votre ordi, n'oubliez pas d'imprimer. Il n'y a que le papier qui dure.

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COMPTES-RENDUS

de fonds déposés aux APM

 APM 62 FONDS SULLIVAN FRÉCHETTE

L'histoire de Sullivan Fréchette est liée à celle de la Mauricie : il né à Grand-Mère en 1913 puis, machiniste de son métier, il a travaillé à Shawinigan et à Sorel. De retour en Mauricie, il a suivi un cours de pédagogie à Trois-Rivières et, à partir de 58 ans, s'est consacré à l'enseignement de l'anglais. En 1991, lui et son épouse vont habiter la résidence Le Clair Matin de Longueuil où il fait du bénévolat, s'implique dans une foule d'activités et devient secrétaire du comité des résidants. Musicien, il a joué de divers instruments et dès son entrée à Clair Matin, il se joint à la chorale qu'il va bientôt diriger pendant cinq ans.

Fréchette aime écrire et va rédiger l'histoire de sa vie en dix-huit chapitres : Chroniques de famille et du Canada-français au 20ième siècle. En homme qui sait s'adapter, à 82 ans il s'achète un ordinateur sur lequel il nous lègue des portraits vivants des membres de sa famille, de ses amis, de ses voisins et de leur milieu de vie. D'une plume alerte, il ne se contente pas de décrire, par exemple, son grand-père, mais, celui-ci étant meunier, Fréchette raconte l'histoire des moulins à la fin du XIXe siècle. Dans le chapitre sur la Crise des années 30, il explique comment fonctionnait l'attribution des « secours directs »; sur les projets de colonisation, il donne l'exemple de membres de sa famille partis en Abitibi et au Témiscamingue, et sa propre expérience dans les chantiers.

Entre 1998 et 2006, il collabore au Gazouillis, le journal mensuel de la résidence Clair Matin, dans lequel il publie des souvenirs de sa jeunesse, des horoscopes et de courtes biographies des gens de son entourage. Il accepte aussi d'écrire l'histoire de la résidence. Lisant le récit de ses années de résidant, Fréchette s'avère le voisin qu'on aimerait connaître dans ce genre d'endroit.

À part ses textes autobiographiques, il laisse plusieurs journaux de voyage. Il part pour la première fois à l'étranger avec sa femme pour découvrir les côtes de la Nouvelle-Angleterre. Quand, sur l'insistance de sa fille Suzie, il en Europe en 1969 avec sa femme Rose Peterson, il ne manque pas de tenir un journal. On y retrouve ses premiers contacts, par toujours heureux, avec les Français, et ses impressions spontanées devant les merveilles des villes italiennes. Suivront plusieurs voyages, tous recensés, au Québec, dans les Rocheuses, aux États-Unis, en Europe et en Afrique.

Les écrits autobiographiques de Sullivan Fréchette offrent un portrait personnel et spontané d'une vie et de tout ce qui l'entoure pendant presque tout un siècle.

CITATIONS

Pour la première fois, je voyais les rails d'un chemin de fer dont j'avais beaucoup entendu parler l'année précédente quand mon grand-père maternel s'était fait tuer par un train alors qu'il marchait sur ces mêmes rails. 1918

Nous sommes entrés dans la maison de mon oncle Joseph Carle et on nous a amenés au salon. Au milieu de la pièce, il y avait une espèce d'estrade faite de deux chevalets de menuisier avec les madriers dessus et le tout recouvert de draps blancs.

Sur cette estrade il y avait un homme couché sur le dos. Il portait un complet noir, souliers noirs et chemise blanche et cravate noire. Pas de cercueil. Le mort avait une vingtaine d'années. C'était juste de dire qu'il était sur les planches. On ne savait pas à ce moment-là de quoi il était mort. Plus tard, on sut que c'était la grippe espagnole. Il avait été une des premières victimes à Grand-Mère.

 

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DE LA COLLECTION AUTOBIOGRAPHIQUE

Outre les documents d'archives proprement dits, c'est-à-dire les écrits personnels originaux et inédits, les APM recueillent des écrits dont il existe quelques copies : des mémoires rédigés pour ses petits-enfants par exemple, ou l'histoire d'une vie racontée pour un cercle d'amis, ou encore un livre publié à compte d'auteur. Nous vous en offrons des comptes-rendus au même titre que ceux des fonds d'archives.
 

CA26 et CA27 ANNA-MARIE TOUSIGNANT et JEAN-BAPTISTE CLOUTHIER

Il arrive parfois qu'on ait la chance de lire une correspondance croisée, c'est-à-dire les lettres et leurs réponses, qui permet de connaître les deux partis d'une interface épistolaire. Il est beaucoup plus rare de rencontrer des journaux intimes croisés. En octobre 1918, une institutrice de Sainte-Émilie de Leclercville et un agronome de Montréal décident d'échanger leur journal; pendant deux ans, on peut suivre l'évolution de leurs sentiments et le récit de leur quotidien.

Anna-Marie a 21 ans, Jean-Baptiste 22 ans, lorsqu'ils s'avouent leurs sentiments réciproques. Dans chaque entrée dans son journal, elle proclame son amour. Lui, en en-tête, place en majuscules : DIEU! MON PAYS! ANNA-MARIE ! Elle est sédentaire, vit et travaille dans son village, alors que lui sillonne le Québec en donnant des conférences pour le Comptoir coopératif de Montréal où il travaille.

Les deux journaux révèlent leur personnalité, leurs idées et leurs idéaux. Croyants tous les deux, ils s'échangent aussi des lectures pieuses, ils observent les fêtes religieuses et les dévotions, les Premiers vendredis du mois, les pénitences du Carême et de l'Avent, les jeûnes de trois jours aux Quatre-Temps, les confessions et les communions régulières. Outre des valeurs communes, ils partagent un goût pour l'écriture : elle publie des billets dans L'Action catholique, le quotidien de Québec, sous le nom de Marie Rollet. Lui écrit dans Le Journal agricole.

Ils partagent aussi le traumatisme de leur génération, la grippe qu'on dit espagnole. Jean-Baptiste perd son gérant et décrit la file de cercueils au cimetière, alors qu'Anna-Marie exprime sa peur devant l'avancée de la maladie et la multiplication des décès dans sa paroisse. (Voir le Bulletin X, 1, pour les écrits d'Anna-Marie pendant l'épidémie).

Jean-Baptiste affiche son conservatisme : il s'oppose au travail des femmes, au féminisme, qui mènerait au socialisme, en particulier au vote quand la femme « peut très bien exprimer son opinion par la voie de son mari en politique ». (19 décembre 1919, p. 374). Il se voit en protecteur de sa femme qui, elle, « restera toujours la femme et par le cœur et par l’esprit, c’est-à-dire, la douce, la suave et docile compagne de l’homme ». (18 décembre 1918). On ne s'étonne pas que tous deux désirent une famille nombreuse. Ils ne seront pas déçus.

Pendant qu'Anna-Marie fait la classe à Leclercville, l'employeur de Cloutier, le Comptoir coopératif, l'envoie parfaire ses études à Paris. De novembre 1918 à mai 1919, le jeune diplômé de l'école d'agriculture d'Oka suit des cours à la Sorbonne, court d'une foire à une exposition agricole, et pour parfaire son éducation, il revient par l'orient et passe par le Japon saluer son frère missionnaire.

Le journal d’Anna-Marie s’éteint le 4 juillet 1920 lorsque, rongée par l'incertitude, elle accepte de voir repoussée la date de son mariage avec J.-B. qui, lui, à la même date vogue sur l’Océan indien. Deux fois plus volumineux, le journal de Jean-Baptiste se poursuit jusqu’au 21 septembre quand il retrouve sa chambre à Montréal.

Anna-Marie et Jean-Baptiste se marient le 5 octobre 1920. Ils auront 9 enfants. Presque 80 ans plus tard, le patriarche Cloutier publie ses Mémoires d’un homme ordinaire. Sa succession a déposé ses archives à l'École des Hautres études commerciales.

CITATIONS

[Je me suis rendue] au 125 Grande Allée chez le docteur Rousseau où j’ai subi un examen complet…. Oh! Jean B. [c'est] par amour pour toi que j’ai laissé un médecin me sonder comme il l’a fait. Je lui ai fait part des petits malaises que je ressens quelquefois. J’ai été bien sincère. Après m’avoir demandé un beau 5$, le docteur Rousseau m’a envoyée à la pharmacie avec un petit billet où j’ai donné 2$ pour deux petites bouteilles. Il m’a donné un régime à suivre. Mon vrai état de santé je ne l’ai pas eu. Anna-Marie Tousignant, 28 février 1920

Il faut que les enfants ne prennent pas tout notre temps. Il n’est même pas bon de se relever chacun son tour à la tâche de garder les petits. Les exigences de la vie ne permettent pas à l’homme de tenir compagnie aux enfants à la place d’une bonne. Autant de choses qu’une tête intelligente comprend sans discussion. Jean-Baptiste Cloutier, 4 juillet 1920

 

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NOS LECTURES

Dictionnaire de l'autobiographie : écritures de soi de langue française, sous la direction de Françoise Simonet-Tenant, avec la collaboration de Michel Braud, Jean-Louis Jeannelle, Philippe Lejeune et Véronique Montémont, Paris, Honoré Champion, 2018.

Cet ouvrage à plusieurs mains déborde du champ de l'autobiographie proprement dite. Il se veut autant un dictionnaire des concepts et des termes liés à l'écriture de soi qu'un relevé des diaristes et autobiographes, en grande partie de la francophonie, mais pas exclusivement.

Mais comment faire la recension d'un dictionnaire? Les 192 collaborateurs recensent presque toutes les figures du genre autobiographique : en tout 457 notices d'autrices et d'auteurs, d'Amiel à Yourcenar. La liste des autrices et auteurs cités ne sera jamais exhaustive, on s'étonne toutefois de certains choix. Pour le Québec, Nelly Arcan, Élizabeth Bégon, Marie-Claire Blais, Louis Fréchette, Hector Saint-Denys Garneau, Lionel Groulx, Dany Laferrière, Félix Leclerc, Claire Martin, Marie de l'Incarnation, Madeleine Ouellette-Michalska, Régine Robin, Gabrielle Roy, Paul Toupin et Michel Tremblay qui ont tous et toutes, à un moment ou un autre, écrit à la première personne. Curieusement, on y trouve aussi Charles Chiniquy, l'apôtre de la tempérance, qui a publié son autobiographie en 1883, mais on cherche en vain une mention du journal de Joséphine Marchand, rédigé entre 1879 et 1900 et finalement publié en 2000, et de celui d'Henriette Dessaulles, écrit entre 1874 et 1881, publié en 1989, deux classiques de la littérature personnelle.

Le dictionnaire trouve toute sa pertinence dans l'analyse des différents termes liés à la littérature autobiographique. On y trouve, par exemple, une notice instructive pour chacun des supports matériels de ce genre d'écrits; l'agenda, l'album, le cahier, le carnet et la machine à écrire. Les genres classiques des écrits de soi se méritent les notices les plus importantes : autobiographie (Montémont), journal personnel (Lejeune), Mémoires (Jeannelle), correspondance (Diaz). On lira aussi avec intérêt les textes sur l'antiautobiographie (Jeannelle), suivie de l'antifiction et de l'antimémoires (Lejeune, Jeannelle), les sous-catégories comme l'autobiographie postcoloniale (Brozgal) et l'autobiographie spirituelle (Martin), le journal spirituel et le journal croisé (Lejeune, Simonet-Tennant).

Le livre ratisse large : à côté de ces essais centrés sur les différents genres, on trouve des rubriques sur des sujets qui se retrouvent dans les écrits personnels : l'anorexie (Bernfeld), l'avortement (V. Montémont), le corps (K. Bernfeld), l'érotisme (Hubier), la folie (Artières), le handicap (Bernfeld), l'homosexualité (Lasserre et Jeannelle), la sexualité (Genon et Simonet-Tennant), le sida (Jouanny), le suicide (Braud). Enfin, la politique, du XVIe au XXe siècle, ainsi que des événements marquants comme la guerre (Milkovirth-Rioux) et Mai 68 (Montémont) trouvent aussi leur place.

Demeurent oubliés, malgré la contribution de Philippe Lejeune, les anonymes, les « gens ordinaires » qui ont raconté leur vie, qui ont réfléchi sur leur soi, qui ont laissé des lettres, et qui font la richesse des archives autobiographiques comme l'APA en France et les APM au Québec.

Compendium un peu éclectique, recueil d'essais sur tout ce qui touche aux écrits personnels, ce dictionnaire, qui vient s'ajouter à l'Encyclopedia of Life Writing, Autobiographical and Biographical Forms (Routledge, 2001) du monde anglophone, demeurera un outil fort apprécié de toute personne qui s'intéresse au genre autobiographique dans son sens le plus large.

 

Dans la foulée de ce dictionnaire, Françoise Simonet-Tenant et Jean-Louis Jeannelle ont créé le site internet EcriSoi pour présenter des essais et des comptes-rendus sur les écrits autobiographiques.

https://ecrisoi.univ-rouen.fr/accueil

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Annie ERNAUX, L'Atelier noir, Paris, Gallimard, 2021.

Annie Ernaux a fait cadeau à son lectorat de son journal d'écrivaine. L'Atelier noir, écrit parallèlement à ses romans autobiographiques depuis 1982, nous fait pénétrer dans la genèse de son écriture. Celle qui a écrit Les Années pour « sauver quelque chose du temps où l’on ne sera plus » a beaucoup puisé dans son histoire personnelle pour alimenter ses romans. Toujours avec honnêteté et modestie, cette autrice a plusieurs fois livré ses sentiments, ses passions, ses expériences dans ses œuvres. Dans son Atelier, elle nous fait apprécier tout son travail de création, sa quête de la forme pour traduite son récit, ses recherches sur un livre en cours, comme sa constante application à l'écriture. Elle partage ses hésitations, ses doutes, ses décisions stylistiques, sa recherche du « ton », et nous permet ainsi de suivre son cheminement dans la composition de son œuvre.

Si vous avez aimé Les Années (2008), vous goûterez ce compagnon à l'oeuvre dont la matière première est précisément la vie d'Annie Ernaux et l'univers dans lequel elle évolue.

Le dernier numéro de la revue numérique Le dire et écrire, dédié aux histoires de vie et aux ateliers d'écriture, est consacré à Annie Ernaux.

https://irp.cdn-website.com/892a6557/files/uploaded/LeDireEtLecrire_399.pdf

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EN VRAC

 Nous attirons votre attention sur l’excellente publication de la BAnQ : À rayons ouverts, revue thématique dont le dernier numéro porte sur le voyage. Cette revue mérite d’être mieux connue si ce n’est que pour son iconographie superbe. Le numéro d'hiver 2022 porte sur le voyage https://www.banq.qc.ca/documents/a_propos_banq/nos_publications/a_rayons_ouverts/aro_109.pdf

Les blogues “instantanés” de la BAnQ, rédigés par des archivistes, nous renseignent sur les personnages dont le fonds se trouve à la BAnQ. En plus d'une notice, on reproduit des documents. En voici un exemple sur la romancière Marie Cardinal https://blogues.banq.qc.ca/instantanes/

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Deux revues accessibles en ligne s'adressent aux personnes qui étudient ou qui produisent des: écrits autobiographiques: Écriture de soi https://www.ecrituredesoi-revue.com/ Et pour celles et ceux qui s'intéressent à la correspondance, L'Épistolaire. Pour qui http://www.epistolaire.org/publications/essais/

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« L’histoire oubliée des femmes au foyer ». Le 17 mai, la chaîne de télévision Arte diffusait ce documentaire de Michelle Dominici d'abord réalisé pour la radiotélévision suisse. De nombreux témoignages proviennent des journaux personnels déposés à l'Association pour le patrimoine autobiographique (APA). Cette émission sera rediffusée le 15 juin et restera accessible jusqu’au 12 décembre 2022.

https://www.arte.tv/fr/videos/100809-000-A/l-histoire-oubliee-des-femmes-au-foyer/

La bande-annonce de l’émission est disponible sur le site d’Arte :

https://www.arte.tv/fr/videos/100809-000-A/l-histoire-oubliee-des-femmes-au-foyer/

Sur le même sujet, une entrevue avec la réaliste Michelle Dominici https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-grande-table-idees/michele-dominici-5981988

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CONSEIL D'ADMINISTRATION

Maud Bouchard-Dupont, historienne

Barbara Creary, avocate

Sophie Doucet, historienne

Marthe Léger, archiviste

Andrée Lévesque, historienne

 

Archiviste : Rachel Marion

 

Les Archives Passe-Mémoire sont enregistrées comme organisme sans but lucratif. Elles sont soutenues par des bénévoles – sauf pour l’archiviste – et acceptent les dons.

Les APM sont aussi reconnues comme un organisme de bienfaisance qui remet des reçus de charité pour l'impôt.

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