Edition 2018-05-11 14:41:14
Le Bulletin de l’APM
 Volume VIII, numéro 1

 

Le Bulletin de l’APM

Volume VIII, numéro 1, printemps 2018


8 JUIN

LECTURES D'ARCHIVES

Cette année encore les APM célébreront la Journée internationale des archives par des lectures de textes tirés de nos archives. Les comédiennes Camille Blouin-Picard et Magali Saint-Vincent ainsi que le comédien Olivier Beauchemin, que nous avons applaudis l'an dernier, ont accepté de venir de nouveau bénévolement lire des extraits de lettres et de journaux personnels. Les textes porteront sur un grand thème : les lieux fréquentés et décrits dans différents écrits de 1860 aux années 1950.

Cet événement se tiendra à l'Union des écrivains et écrivaines québécois, au 3492 avenue Laval (Carré Saint-Louis), vendredi le 8 juin de 17h30 à 18h30. Nous remercions l'UNEQ de nous prêter la salle et l'équipement.

Depuis le dernier Bulletin, les APM ont accueilli les fonds suivants : la correspondance familiale d'Odile Jalbert (APM61); des Mémoires et souvenirs de Sullivan Fréchette (APM62); des documents et entrevues de la journaliste Claire Dutrisac (APM63); de la correspondance du poète et chanteur Pierre-André Morin (APM64).

Dans ce Bulletin, on trouvera, outre une réflexion sur « les lieux », les comptes-rendus du fonds Maheu-Pépin et du fonds Janine Lavoie, ainsi que des écrits autobiographiques de Jean Bergeron et de Normand Longchamps.

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LES LIEUX

On les habite puis, à leur tour, ils nous habitent : les lieux. Lieux désirés, lieux nostalgiques, lieux qu'on ne veut jamais oublier. Ils sont chaleureux comme une cuisine ou froids comme un salon peu fréquenté. La chambre à coucher de sa jeunesse reste gravée en soi pour toujours. Ces évocations se retrouvent dans plus d'un journal personnel. Avec les années, on agrandit son territoire et dans une de ses lettres le soldat Melançon, qui sert en Hollande, parle du quartier Hochelaga qu'il a hâte retrouver. En vacances, Gisèle Tardivel décrit le lac des Laurentides où elle aime se baigner. Grands et petits, les lieux apparaissent à un moment ou un autre dans presque tous les fonds d'archives. Pour la journée internationale des archives, deux comédiennes et un comédien liront des extraits d'archives qui font état de ces endroits où correspondants et diaristes ont aimé ou détesté passer du temps. Car le journal personnel ne sert pas qu'à l'introspection et l'expression des émotions et des sentiments, les diaristes sortent souvent de l'intimité pour décrire le monde qui les entoure.

C'est la nouveauté du site, le réaménagement de l'espace, qui inspire le plus de réflexions. On décrit beaucoup plus en voyage que dans son village ou sa ville. Si certaines descriptions semblent copiées d'un guide de voyage, d'autres sont beaucoup plus spontanées et rendent à un bistros ou à une statue grecque toute leur fraicheur.

EXTRAIT 

Golfe St-Laurent le 25 mai 1955 « À ma gauche (je regarde vers l'arrière du bateau là où j'écris) un peu d'eau; à ma droite le panorama de la côte gaspésienne déroule ses montagne aux creux neigeux, ses petites fermes à toits rouges, et les églises blanches sur les fonds de forêts sombres. Nous « avons de l'avant »; le bateau a ralenti et les révolutions des moteurs trop puissants le secouent comme un barman son shaker. L'atmosphère s'est allégée, les gens recommencent à sourire comme au départ ».

Lucien Pépin (APM54), au retour de France



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COMPTES-RENDUS

de fonds déposés aux APM


APM 54 Lucile MAHEU et Lucien PÉPIN

Le notaire Pépin est un sage, un esthète, un critique d'art et un poète à ses heures. Il a aussi dessiné : croquis et pastels agrémentent les pages de ses cahiers. Et c'est un grand'père fou de ses petits-enfants et qui ne cesse de s'émerveiller. En janvier 1990 il entreprend un cahier qui leur est destiné. Pépin y décrit ses petits-enfants à partir de leurs premiers moments, inclut et commente leurs dessins, et leur prodigue des conseils. Il s'adresse aux adultes qu'ils seront, leur recommande des lectures. « Mon but en vous rappelant certains auteurs, est de vous sauver du temps; vous n'aurez pas à les chercher, à les découvrir, à les exhumer et ils ne seront plus jamais perdus pour vous. Vous les rencontrerez et les fréquenterez s'ils vous conviennent. » Et de discourir sur La Rochefoucauld et Montaigne. Il leur remet aussi un arbre généalogique commenté.

C'est à 61 ans, en 1996, que Lucien Pépin entreprend l'écriture d'un journal personnel. Il a abandonné sa pratique de notaire et veut se consacrer à la réflexion et aux arts, à la peinture, à la musique et à la sculpture. Témoin d'une fin de siècle, il livre ses impressions sur la société, les arts, la politique, un monde qui ne lui inspire guère d'espoir. Grand lecteur, il consigne ses notes de lecture, qui alternent avec des aphorismes de son cru et des citations de classiques.

En voyage dans le sud colonial américain : Charleston, les Caroline, Georgia, il tient son journal et ne peut s'empêcher de comparer ces colonies à celle du Saint-Laurent, et de s'interroger sur la « culture québécoise », qui ne s'est manifestée, selon lui, qu'après l'arrivée de la télévision. Il revient plusieurs fois sur le développement de la culture canadienne-française en Amérique et sur la langue française parlée au Québec.

Puis vers 1997, les entrées s'espacent de plus en plus. On dirait qu'il y perd goût. Il parle d'un journal qu'il a écrit du 18 juin 1948 à juillet 1969 et qu'il a détruit en ne récupérant que quelques pages. Que ne donnerait-on pour pouvoir le lire. Puis le journal commencé cinq ans plus tôt s'éteint en 2001.

De plus, Lucien Pépin lègue un journal de voyage rédigé lors d'un séjour d'un mois à San Miguel de Allende, au Mexique où il va apprendre l'espagnol en 1984. On retrouve son esprit d'observation, son souci des détails, son aptitude à tout capter avec des mots et des croquis.

Le fonds Maheu-Pépin contient une riche correspondance entre le jeune notaire et Lucile Maheu, qui pendant ses études habite à la Maison canadienne à Paris dans les années 1950. Lucile sera diététicienne avant de poursuivre une carrière dans l'édition aux Presses de l'Université de Montréal. Ses lettres nous transmettent l'atmosphère du Paris d'après-guerre et les réactions d'une Québécoise avide de culture. Ces lettres offrent une cartographie d'amitiés qui s'échelonnent parfois sur trente ou quarante ans. La vie du couple Maheu-Pépin nous est transmise non seulement à travers leurs propres écrits mais aussi à travers ceux de leurs amis et connaissances. C'est l'écho d'une amie qui nous renseigne sur les sentiments et les hésitations de Lucile. Plus tard, s'ajouteront lettres et cartes postales adressées à leurs enfants.

C'est aussi dans des lettres reçues par Lucien que nous suivons sa carrière et ses relations amicales et d'affaires. Intercalées dans cette correspondance se trouvent des critiques d'art, - on retient l'exposition Corot au Musée des Beaux-Arts - et de littérature, des réflexions philosophiques, des impressions de voyage.

Il faut souligner les trois cahiers et le carnet de croquis et d'aquarelles dans lesquels Lucien Pépin a capté les lieux qui l'émouvaient tant à sa maison de campagne qu'à Venise, dans la nature comme dans les monuments et à l'intérieur d'une pièce bien confortable.

EXTRAITS

« Je m'étais promis d'entreprendre, dès les premiers jours de ma retraite, un journal où je colligerais des impressions, des notes de lecture, des événements, etc. Jusqu'à maintenant je l'ai retardé, probablement par crainte d'avoir à expliciter les raisons de ma mise à ma retraite volontaire, parce qu'au fond, mes raisons ne sont pas encore très claires. » Journal, Racine, 3 février 1996

« Le plaisir d'écouter la musique nous transporte, je dirais que notre corps devient une âme ». Journal, Racine 9 février 1996

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APM18 JANINE LAVOIE

Dans les années 1950-1960, de Chicoutimi Janine Lavoie entretient une vaste correspondance avec des membres de sa famille, avec ses amis.es et aussi avec des correspondants étrangers. On suit donc sa vie par le biais des personnes qui répondent à ses lettres. On apprend ainsi sa graduation de l'école d'infirmière par la lettre de félicitation de sa grand'mère, on suit les activités quotidiennes de sa mère, une amie nous apprend que Janine prend des cours de préparation au mariage, une lettre de sa sœur nous informe du mariage de Janine et Gilbert, puis de la venue d'un enfant quand elle lui conseille des cours de préparation pré-natale. Ces lettres, échangées sur le ton de la conversation, touchent souvent à l'intimité de la famille, toutefois la valeur d'une correspondance n'est pas seulement de restituer la vie d'une personne mais plutôt de son environnement, surtout domestique, observé par ses proches. C'est ainsi que ces échanges épistolaires entre Gatineau, Jonquière et Québec documentent une tranche de la société des années 1950 et 1960.

Parmi ces nombreuses lettres, on en retient une particulièrement émouvante. Un jeune homme, perdu de vue depuis cinq ans, vient déclarer son amour à Janine maintenant âgée de 22 ans. Il l'assure de ses sentiments et lui fait part de ses goûts, et l'implore de lui écrire si elle est « libre ».

Un autre corpus de lettres adressées à Janine offre une tout autre vision du monde : comme bien des adolescentes de son époque, Janine a eu des correspondants étrangers, des jeunes hommes durant leur service militaire, en France et dans les colonies, qui s'ennuient trop souvent et peuvent écrire des lettres de dix pages. Un parachutiste posté au Madagascar, un soldat à Toulon et un infirmier militaire à Berlin. Chacun décrit sa famille, son apparence – avec ou sans moustache -, ses goûts et par personne interposée on en apprend plus sur Janine et sur les qualités qu'elle demande de ses correspondants: qu'ils soient sincères, catholiques et cultivés. On échange aussi des photos et leurs commentaires sur celles de Janine nous renvoie une image de l'étudiante de l'École d'infirmière de Chicoutimi qui a fait couper ses cheveux longs, qui a de nouvelles lunettes et qui aime beaucoup la danse.

EXTRAITS

« Pour les petits poissons des chenaux, c'est gentil de ta part de nous en offrir, mais nous n'aimons pas cela, et ça va bien parce que je n'aime pas les arranger non plus ». Maman, Jonquière, 19 janvier 1965

« Sur ma prochaine lettre je vous parlerai de parachutisme, veuillez m'excuser de ne pas le faire cette fois, mais les lettres sont pesées et je crois que je suis au maximum.

Dites-moi ce que vous penseriez d'un tutoiement, c'est peut-être un peu hardi de vous demander cela, mais je suis Français et vous devez un peu nous connaître... » Jeannot, Tananarive, 9 novembre 1957

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DE LA COLLECTION AUTOBIOGRAPHIQUE

Outre les documents d'archives proprement dits, c'est-à-dire les écrits personnels originaux et inédits, les APM recueillent des écrits dont il existe quelques copies : des mémoires rédigés pour ses petits-enfants par exemple, ou l'histoire d'une vie racontée pour un cercle d'amis, ou encore un livre publié à compte d'auteur. Nous vous en offrons des comptes-rendus au même titre que ceux des fonds d'archives.

Jean BERGERON, HISTOIRE NON TERMINÉE..., décembre 2017. 124 pages.

Cet homme de la région de Maskinongé livre à sa famille son autobiographie de sa naissance, en 1942, à aujourd'hui. Jean Bergeron est né à l'époque des grosses familles – il est le deuxième de dix enfants - qui se succédaient dans la maison familiale de Sainte-Ursule. Il a surtout travaillé dans des bureaux de notaire, il a été secrétaire de sa municipalité, et c'est dans le milieu communautaire qu'il laissé sa marque. Impliqué d'abord dans une association de personnes handicapées, il cumule le bénévolat auprès des jeunes, dans l'accompagnement des malades, dans des groupes catholiques, dans de nombreux organismes.

Vie professionnelle, vie familiale et vie associative sont relatées et enrichies de descriptions des changements qui ont marqué son existence, comme l'arrivée de l'électricité, puis du téléphone, de la télévision, de l'automobile et enfin de l'ordinateur. Il relate aussi des incidents qui ont ajouté du piquant à sa vie : des voyages, un attentat armé, une quasi noyade.

Bergeron écrit avec émotion sur ses relations familiales, sur l'adoption de son fils, sur son divorce et sur les décès qui surviennent au cours des ans. Il sait aussi parler de ses nombreuses maladies sans s'apitoyer et en gardant son sens de l'humour.

S'ajoutent à son récit et à ses réminiscences, des réflexions sur la religion, l'amitié et la musique. L'auteur a aussi illustré son cahier de photographies. Il s'agit d'un beau témoignage de la vie à une époque de transition entre tradition et modernité, non seulement dans le domaine de la technologie mais aussi dans la transformation de l'Église catholique.

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APM56 FRANCOEUR-LONGCHAMPS

En ces temps où le Québec accueille de plus en plus de réfugié.es venus de pays dévastés par la guerre, le manuscrit du livre de Normand Longchamps arrive à propos. En 1975, les premiers boat people vietnamiens arrivaient au Québec; ils seront bientôt 15 000. L'ouvrage autobiographique de Normand Longchamps raconte comment lui et sa conjointe Thérèse Francoeur, tous deux enseignants à Rivière-des-Prairie, se sont portés parrain et marraine, et bientôt « père » et « mère » adoptifs de deux adolescents : une fille, Doan Trang Phan et un garçon, Anh Tan Phan. Doan ayant déjà publié, en 1984, l'histoire de son départ du Viêt Nam avec son son frère, Normand Longchamps offre ici le point de vue de la famille d'accueil.

On suit les péripéties et la longue attente qui précèdent l'arrivée, en avril 1980, de ces jeunes de 15 et 14 ans, leur adaptation à un mode de vie au départ désemparant et leur rapide « québécisation ». Quatre ans plus tard, recommencent les démarches et les frustrations qui marquent un nouveau parrainage, celui du reste de la famille, les parents et cinq autres enfants, enfin sortis de leur camp de réfugiés vietnamiens qui, après un processus qui a mis sept ans, rejoindront leurs enfants à la fin 1988.

L'auteur explique honnêtement les problèmes que suscitent les séquelles des années passées dans un camp, mais on retient tous les efforts qui ont été faits pour que cette famille se sente « chez elle » ici. Les premiers magasinages, l'apprentissage du français, les classes d'accueil, les leçons de ski, où certain vont exceller, les diners de Noël et du Jour de l'An qui réunissent parfois une centaine de personnes, car la famille Phan est tombée au milieu une immense parentèle.

Normand Longchamps insiste sur le fait que cette nouvelle famille a changé sa vie, qu'il lui doit son ouverture sur le monde. On sent non seulement la générosité de ce couple mais aussi tout l'orgueil que les deux parrains éprouvent d'avoir pu donner à ces enfants une éducation qui s'est poursuivie pour plusieurs jusqu'à l'université. Normand donne aussi la parole aux enfants, mais celle-ci se retrouve surtout dans le livre publié par Doan L'Eau de la liberté : Du Viet Nam au Canada (édition Pauline, 1984).

Depuis son dépôt aux Archives Passe-Mémoire, le manuscrit a été publié en 2017 sous le titre La Force et la faiblesse, aux éditions L'Apothéose. L'auteur a poursuivi pendant quelques années son intérêt pour les réfugiés en tant que commissaire au Commissariat de l'immigration et du statut de réfugié, lui et Thérèse sont maintenant retraités et grands-parents dans la famille qu'ils ont créée.

EXTRAITS

« On s'attache de plus en plus aux enfants, et leur histoire nous intéresse. Il se passe en nous un changement profond qui rejoint notre identité. Nous ne pouvons plus être des Québécois ou des Canadiens intéressés uniquement à ce qui se passe chez nous. Nous devenons des citoyens du monde ». P. 48

« Nous avons connu une deuxième naissance. Nous ne pouvions pas vivre sans nous laisser toucher par toutes ces expériences; sans nous ouvrir davantage sur le monde, ni sans nous laisser transformer par ces événements ». P. 125

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VARIA

La Champlain Society a mis en ligne le journal personnel de George Easton, un colon écossais du Haut Canada dans les années 1830. On peut le lire à https://champlainsociety.utpjournals.press/findings-trouvailles/2018/02/george-eastons-diary-scottish-settler-dalhousie-township-upper-canada-1830-1839

Le dernier numéro de La Faute à Rousseau Revue de l'autobiographie (no 70, février 2018), publiée en France, porte sur les « Récits de filiation ». Il ne s'agit pas de récits autobiographiques, mais d'une recherche de ses antécédents, de ses liens affectifs ou autres, dans la vie de ses parents ou grands-parents, le plus souvent à partir d'archives. Un sujet qu'on pourrait aussi exploiter dans les Archives Passe-Mémoire.

BIBLIOGRAPHIE

Les personnes qui s'intéressent aux correspondances apprécieront celle du frère Marie-Victorin, fondateur du Jardin botanique de Montréal. Ces lettres adressées à Marcelle Gauvreau entre 1933 et 1944 sont présentées par l'historien des sciences Yves Gingras. Intitulées « Lettres biologiques » par leur auteur, elles représentent un témoignages unique sur la sexualité étudiée par un religieux dans ce qui n'était pas tant la « Grande Noirceur ». Lettres biologiques. Recherches sur la sexualité humaine, Montréal, Boréal, 2018.

En toute franchise, le chanteur, réalisateur et celui qu'on peut qualifier de travailleur social non-conformiste, Dan Bigras nous livre ses souvenirs d'enfance où ses relations difficiles avec ses parents occupent beaucoup de place. Le Temps des Seigneurs, Montréal, Québec-Amérique, 2017.

Dans Mon voyage en Amérique, Kim Yaroshevskaya, comédienne et auteure d'origine russe, raconte son immigration à Montréal à 10 ans, ses débuts sur la scène et la création de Fanfreluche. Elle présente un livre de souvenirs qui s'apparente au conte, avec photographies et reproduction de documents. Publié chez Boréal, 2017.


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